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Le fonds photo du musée s'enrichit !

Shōtarō Akiyama

Shōtarō Akiyama, Pierre Soulages photographié dans son atelier de la rue Galande, mars 1960, (extrait de la série “Four Months in Paris”). Tirages de 2026.

Le 15 mars 1960, Pierre Soulages reçoit dans son atelier de la rue Galande à Paris (5ème) un petit groupe de visiteurs japonais composé du photographe Shōtarō Akiyama (1920 – 2003), du peintre abstrait Junichiro Dobashi, vivant alors à Paris, de l’éditeur du magazine littéraire Bungeishinjû, Hiroshi Tagawa, et du célèbre critique d’art Kimihide Tokudaiji. Installé dans cet atelier de décembre 1957 à décembre 1973, Soulages a l’habitude d’y accueillir artistes et collectionneurs.

Photographe majeur de l’école réaliste japonaise, Shōtarō Akiyama séjourne quatre mois à Paris en 1960. Il y découvre le milieu artistique parisien, où vivent et travaillent alors de nombreux peintres japonais et photographie plusieurs artistes français, dont Soulages. A l’époque, les liens de ce dernier avec le Japon sont déjà étroits : il y expose dès 1952 et reçoit, en janvier 1958, le Prix de la Biennale de Tokyo. A cette occasion, il rencontre de nombreux artistes, notamment les membres du Bokujinkai, collectif d'artistes de calligraphie japonaise, et des historiens d’art.

Les photographies prises ce jour-là rue Galande (six pellicules au total) constituent un véritable journal de cette visite d’atelier. Alternant poses et clichés plus spontanés, certaines figurent Soulages aux côtés de ses peintures, présentant sa manière de travailler, ses outils (l’effet de la racle sur la toile). L’une des œuvres visibles, Peinture 162 x 114 cm, 27 août 1958, est aujourd’hui conservée dans les collections du musée. D’autres témoignent des moments de détente et de complicité entre le couple Soulages, un assistant de l’artiste, et leurs invités japonais.

Le cadrage choisi par le photographe laisse tantôt apparaître un espace dépouillé, aux murs nus et au sol brut, tantôt une « impression de désordre et d’accumulation dans cet atelier » que décrivait Michel Ragon.

Situé au dernier étage, l’atelier de la rue Galande offre à Soulages un vaste espace de travail, propice à la réalisation de peintures horizontales de plus en plus monumentales. Les plus grandes toiles doivent être hissées par la fenêtre. Soulages ne peint plus sur chevalet mais travaille désormais la toile accrochée au mur ou étendue sur le sol.

Parmi l’ensemble des photos prises ce jour de mars, seul un portait de Soulages, en pied, fut publié dans le recueil japonais Femmes. Hommes. Europe. Le reste de la série est demeuré inédit.

Le musée Soulages a acquis quatorze tirages de cet ensemble grâce au musée Hamaguchi Yozo de Tokyo qui gère une partie du fonds de Shōtarō Akiyama.

(D'après Benoît Decron, Mars 1960 un photographe japonais chez Soulages)

Shōtarō Akiyama, Pierre Soulages photographié dans son atelier de la rue Galande, mars 1960, (extrait de la série “Four Months in Paris”). Tirages de 2026.

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