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Deux documentaires incontournables sur Hiroshi Sugimoto

Accessible en continu, à l'auditorium du musée

« Dans les détails de l’eau, on se noie et on se fond dans le temps ».

Pendant toute la durée de l’exposition, visibles en continu dans l’auditorium du musée, nous vous proposons de découvrir deux films de treize minutes, qui donnent la voix à Hiroshi Sugimoto lui-même.

Un premier film en noir et blanc, réalisé par Jean-Pierre Krief au début des années 2000, s’inscrit dans toute une série documentaire dédiée à de grandes figures de la photographie contemporaine (Thomas Struth, Rineke Dijkstra, Wolfgang Tillmans, Roni Horn, Martin Parr). Parmi eux, Hiroshi Sugimoto. Le photographe japonais y commente cinq séries de clichés en noir et blanc réalisés à partir du milieu des années 1970 : seule sa voix, claire et profonde, rythme le défilement des images de ses œuvres, abordées frontalement. Donnant la part belle aux silences, le réalisateur nous plonge dans les œuvres, qui défilent lentement sur l’écran, nous éloigne ou nous fait pénétrer dans l’image, au son lancinant de la voix du photographe. Celui-ci évoque ce qui fait sa marque de fabrique, sa vision intérieure associée à la lenteur de la prise de vue, qui est celle que nécessite l'observation d’un temps préhumain, « celui d'avant la séparation de l'homme et du monde ». S’il présente des séries visibles dans l’exposition (les Theaters et Seascape), le film dévoile également d’autres tirages de Sugimoto, offrant ainsi une lecture complémentaire à son travail : la série spectaculaire des Sea of Buddhas, photographies de 1000 bouddhas médiévaux capturés au sein d’un ensemble de quarante-huit clichés, est ainsi mise en mouvement, à travers une animation rapide et hypnotique, au son du gong. Nous découvrons également les séries des Architecture et des Portraits, troublantes figures de cire à l’aspect vivant, photographiées selon un clair-obscur saisissant.

« Je suis ici et j’existe »

Le second film, plus tardif, a été tourné au Japon, à l’Odawara Art Foundation créée par l’artiste dans les années 2010, et où vient prendre place l’Observatoire Enoura, œuvre totale conçue par Sugimoto mêlant architecture, présentation de ses œuvres, et fusion avec le paysage arboré et marin qui se déploie à perte de vue. Ce lieu, imaginé pour contempler la mer, le ciel et le cosmos, est le terrain même du premier souvenir marin du photographe, alors enfant. Dans ce cadre exceptionnel, Sugimoto décrit deux de ses séries, les Seascapes et Revolution, visibles dans l’exposition : « À la surface de la Terre, l’endroit le plus lointain que l’on puisse voir est l’horizon marin. » Au sein de l’observatoire, les Seascape, en pleine lumière, dialoguent avec le jardin japonais du site, tandis que des vues aériennes en dévoilent la majesté. L’artiste partage également les origines de sa vocation de photographe, sa découverte de la technique, et son lien à l’histoire du médium. Les derniers mots de l’entretien, sur fond de critique d’un monde contemporain focalisé sur l’extension continue de la production, nous invitent à contempler à nouveau les paysages marins que voyaient nos ancêtres, à regagner nos esprits innocents : « J’espère donc que mon travail nous offre l’occasion de réfléchir avant de nous détruire nous-mêmes », conclut ainsi l’artiste.

Contacts – Hiroshi Sugimoto, Jean-Pierre Krief, KS Vision, 2000, 13 minutes
Hiroshi Sugimoto, Between Sea and Sky, Roxanne Bagheshirin Lærkesen, Louisiana Museum, 2018, 13 minutes

Shōtarō Akiyama, Pierre Soulages photographié dans son atelier de la rue Galande, mars 1960, (extrait de la série “Four Months in Paris”). Tirages de 2026.

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