Fernand Léger au musée Soulages de Rodez, c’est exposer un monde dense et varié, un personnage solide et trapu, la vie profuse d’un poids lourd de l’histoire de l’art.  Nous avons tous vu des Fernand Léger, des peintures multicolores et géométriques, des formes déboitées, des contrastes assumés, des visages hiératiques, avec beaucoup d’a priori sans aucun doute :  F.L. le peintre classique, F.L.  Le peintre moderne,  F.L. le cinéaste, F.L. l’homme de théâtre, F.L. et l’art sacré, F.L. et Blaise Cendrars,  F.L. l’amoureux de l’objet, F.L. de Biot F.L. le professeur, F.L. et Le Corbusier,  F.L. aux tubes et aux cylindres,  FL du Parti communiste français , F.L. et le cirque, F. L. et les fresques, F.L.  et la petite reine, F.L et les cheminées d’usine, FL au bleu de chauffe,    F.L. et Nadia,  FL aux gratte-ciels, F.L. de l’Amérique et de Paris,  etc

Fernand Léger est un créateur innombrable et bien malin celui qui croit le réduire à quelques mots et à quelques définitions.   Léger est une vedette des manuels d’histoire de l’art moderne et pour autant réserve encore bien des surprises.

L’exposition La vie à bras-le-corps, c’est le concentré de son dynamisme en 86 œuvres : on aurait pu le voir ou le décrire en bras de chemise ou en tricot de peau avant, pendant ou après l’effort.  Comme un rappel de son fameux Mécanicien de 1918 qui jette son regard en dehors du tableau, à gauche, buste musculeux frontal et visage de profil.  L’homme au travail, l’ouvrier, porte la moustache de l’affranchi et tient haut dans sa main une cigarette, une bague à l’annulaire.   On retrouve la dignité de la pose que le photographe de studio , le portraitiste des familles, confère au modèle du commun, de la société du travail : la cigarette, comme la sellette, est un précieux accessoire. Concernant le Mécanicien, il faut bien entendu évoquer le fond (un décor) : des aplats de rouge, de noir, de de jaune et de blanc, sur le mode mécaniste.  Tout est là, ce que Léger sanctuarise et appelle en 1924 « L’ordre géométrique et le vrai » (1)

L’exposition de Rodez relie sur plus de quarante années la ville, le travail et les loisirs. Impossible d’oublier Julien Duvivier (la Belle Équipe), Jean Zay, les campings et le Front Populaire.   L’écrivain André Verdet écrit à propos de l’art de son ami Fernand Léger de « grâce naïve instinctive » et ajoute «Bonne santé et belle franchise, travail et loisirs sont les claquantes devises de nombreuses grandes toiles » (2)  L’union de la clé à molette et du ballon de plage en somme… Le tableau la  Partie de campagne largement décliné des dessins aux peintures sonne comme le programme achevé d’une revendication du peintre. Les formes et les couleurs, les personnages et les visages sont l’expression d’une vie qui déborde des présupposés théoriques. La liberté prise par Fernand Léger nous étonne encore.

Nous remercions le musée national Fernand Léger de Biot pour sa fervente collaboration, ainsi que tous les préteurs, musées, galeries et particuliers. Et témoignons notre reconnaissance à notre ami commissaire Maurice Fréchuret , ainsi qu’à  Itzhak Goldberg.

Benoît Decron, conservateur en chef du patrimoine, directeur du musée Soulages.

Individuel adulte :
de 7€ à 11€ à la journée
Voir les tarifs

L’équipe de médiation propose régulièrement

des visites commentées de l’exposition : 

https://rodez.tickeasy.com/fr-FR/accueil

expositions passées

Retrouvez les expositions temporaires passées qui ont eu lieu au musée Soulages.

En savoir plus

Tickets