Pierre Soulages, le Japon, etc

Du 15 juillet au 31 décembre 2020

 

A partir du 15 juillet, le musée soulages présente un parcours dans ses collections permanentes, parcours consacré au Japon de Pierre Soulages. Le précieux vase de Sèvres de 2000, un trophée pour un fameux tournoi de sumo est présenté pour la première fois au public ruthénois. ce vase est considéré comme un chef-d’oeuvre  de la céramique contemporaine.

Pierre Soulages, Vase de Sèvres, 2000
Porcelaine / Noir de petit feu et or
hauteur 66, diamètre 34.5 cm
épreuve d’artiste 1/4
Musée Soulages Rodez
crédit Photographique Thierry Estadieu, Rodez

Vase sacré

le modèle du vase choisi par Soulages remonte à 1950, celui du vase 11 réalisé par l’ancien chef de la décoration des ateliers de Sèvres, Maurice Gensoli (1892 – 1972). Sculpteur, modeleur, céramiste dont des oeuvres sont recherchées de nos jours, il recherchait à la fois un galbe « art nouveau » et une sobriété toute intemporelle. du reste c’est bien là un vase de 50 ans en 2000, mais dont la pureté toute asiatique ne peut s’accommoder d’anecdotes, de décorations. Le vase modelé de Soulages, un épure, n’a rien à voir avec l’idée commune des occidentaux réduisant la céramique japonaise au bol raku d’un noir extrême. profond, qui ne saurait être compris dans la cérémonie traditionnelle du thé. Rien à voir.

Le découpage du fût port en son centre une forme ronde, le soleil rougeoyant du drapeau japonais, symbole de la déesse shinto Amaterasu. On rajoutera un couvercle au vase qui rappelle les Kanmuri, coiffures noires et laquées de l’ère Meiji. La lumière verticale passera par un côté ouvert du couvercle et stimulera l’or posé dans le fond du vase  : le soleil nippon, mais aussi
curieusement le Sol Agens, ce « soleil agissant », à l’origine du nom de
famille Soulages. Pierre Soulages est très attaché à cette racine latine
de son nom, finalement annonciatrice de la lumière associée au noir
de sa peinture. Le rayon du soleil irradie le fond de la panse du vase :
Asahi (asa matin ; hi lumière). On a pu aussi à propos du vase évoquer
le cercle sacré du sumo, le Dohyô. C’est l’anneau d’une surface que le
combattant ne peut enfreindre.
Un trophée soit-il de sport –à chacun sa coupe rutilante, sa statuette,
son oscar…- est une émanation très sérieuse du sacré, un objet transactionnel. C’est le seul objet de ce genre que Pierre Soulages ait créé.
Bien entendu les vitraux de Conques (1986-1994) répondent aussi d’un
tel sentiment d’immatériel : le verre est un art du feu comme la céramique ; les arts du feu regardent toujours du côté de la magie. BD

la vitrine du vase de Soulages a été réalisée avec le soutien de la société des amis du musée Soulages.

 Individuel adulte :
de 7 € à 11 € à la journée
Voir les tarifs 

vase-insta2
vase-insta

Expositions passées

Retrouvez les expositions temporaires passées qui ont eu lieu au musée Soulages.