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ANECDOTE

SOUVENIR DE JEUNESSE

LE PAYSAGE DE NEIGE

Interrogé à plusieurs reprises sur sa jeunesse, Pierre Soulages aimait à raconter l’épisode du « paysage de neige ». Alors qu’il était en train de faire de « grosses traces noires » sur un papier avec de l’encre et interrogé sur le sens de son dessin, il répondit « Ça ? C’est un paysage de neige ».

Si l’anecdote peut prêter à sourire, elle a l’avantage de situer la genèse du goût du peintre pour cette couleur, ou plus précisément son attrait pour la lumière née de l’opposition entre le noir de l’encre et le blanc du papier : « En réalité, j’essayais par contraste de rendre le papier plus blanc et aussi éblouissant que le blanc de la neige. (…) c’est un travail avec la lumière dans le fond. Finalement, cela m’a toujours accompagné. »

Si Soulages a souvent été qualifié de peintre du noir, c’est avant tout pour ses qualités de révélateur de lumière que cette couleur l’intéressait. Des peintures sur papier aux peintures sur toile, des estampes aux vitraux de Conques, et enfin l’Outrenoir, la lumière est partout dans son œuvre. Elle naît par contraste, dans la juxtaposition de surfaces peintes claires et sombres, dans la blancheur des papiers laissés dans leur matérialité nue, sans couche de préparation, mais aussi dans les caractéristiques physiques du noir des Outrenoir, un noir qui se fait révélateur de lumière.

La lumière chez Soulages peut aussi surgir d’un paysage de neige peint en noir qui, rétrospectivement, marque le départ de la quête artistique d’une vie.

photo de classe Pierre Soulages, lycée de Rodez 1927-28

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