Le musée Soulages en collaboration avec les amis du musée Soulages vous proposent une nouvelle programmation de conférences tout au long de l’année.

prochaine conférence :

jeudi 16 décembre 2021 à 18H30

La nébuleuse Gaston Chaissac I. le peintre II. La correspondance

Autour de 1948, Gaston Chaissac écrit à Jean Dubuffet : « Ce que je trouve bien marrant c’est qu’un tas de gens me reprochent de dessiner comme un enfant alors qu’eux-mêmes sont d’un comportement enfantin notoire (…) L’académisme est le fort des convaincus et des sectaires j’ai remarqué. »

Chaissac est retiré dans un village de Vendée, Boulogne, où sa femme est institutrice de l’école laïque. Il se consacre presque exclusivement à ses activités artistiques dans une sorte d’indifférence des locaux.

Gaston Chaissac (1910–1964) est un artiste polyphonique : peintre, dessinateur, collagiste, sculpteur, doublé d’un écrivain, chroniqueur et poète. Anatole Jakovsky le qualifie d’hommeorchestre. Il est de ces personnalités artistiques hors circuit qui firent de l’après-guerre de la France un vif foyer d’expérimentation et de liberté. Repéré par les peintres Otto Freundlich et Albert Gleizes, il développe avec des moyens de fortune une création plastique mettant dos à dos abstraction et figuration. Ses compositions peintes sont d’étranges patchworks de couleurs cernées de noir, piquetées de taches et de petits signes : les personnages, les objets, les paysages y sont comme insérés. Bientôt, en Vendée, il créa des oeuvres à base de récupération, les trésors qu’il glanait à la décharge publique : totems nés de souches d’arbre et de planches équarries, de la vaisselle abandonnée, des plaques de tôle ou de zinc, des fragments d’éternit, des balais… Chaissac peint des « géants de murailles » sur les murs des toilettes de l’école de Sainte-Florence.

En 1946 Chaissac et Dubuffet entament une abondante correspondance, celle-ci devenant au fil des échanges une amitié fidèle : en 1951 Gallimard publiait le recueil de lettres Hippobosque au Bocage qui assura à notre artiste un statut d’auteur de la NRF. Il se voit dans la littérature, sans doute plus que dans la peinture. Chaissac est un être sensible et cultivé -dépassant depuis bien longtemps son état d’artisan, de cordonnier in partibus- et c’est en vain que Dubuffet essaiera de l’associer à son art brut en cours de décoffrage. L’architecte futuriste André Bloc l’encourage, le visite et le publie, notamment dans Art d’Aujourd’hui Chaissac correspond avec de nombreuses personnalités du monde des lettres et de la peinture. Des contes, des centaines de lettres : son écriture à première vue déstructurée, syntaxe et graphie, recèle une grande subtilité et des inventions qui dépassent amplement l’idée qu’on se fait du dilettantisme.

Son itinéraire singulier et sa sincérité lui ont procuré en retour, chez quelques-uns, artistes et écrivains, une certaine notoriété. Du soutien. C’est ainsi qu’au début des années 60 les peintres de CoBrA s’enthousiasmèrent pour son art et pour sa personnalité un peu sauvage. Il obtient après sa disparition -à 54 ans- une reconnaissance indiscutable de ses pairs et de l’institution, comme en témoigne la grande rétrospective à la galerie nationale du Jeu de Paume en 2000.

Benoît Decron est le directeur du musée Soulages, Rodez – EPCC. En tant que conservateur, il a écrit nombre de contributions sur Chaissac, notamment sur l’épistolier et le modèle de photographes de son temps.

Cette conférence prend place dans le cadre de l’exposition Chaissac & CoBrA. Sous le signe du serpent. 

Masque et passe sanitaire obligatoires. 

Les conférences se déroulent dans l’auditorium du musée, gratuit, dans la limite des places disponibles, Réservation obligatoire : https://www.amisdumuseesoulages.com/%C3%A9v%C3%A9nements/conference-la-nebuleuse-gaston-chaissac/?


Informations utiles :

Date : le 16/12/2021

Horaires : 18h30

Lieu : musée Soulages Rodez

Adresse : musée Soulages Rodez

Jardin du Foirail

12000 Rodez

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